Au début, rien ne ressemblait à une anomalie.
Ce qui aurait dû changer continuait simplement à fonctionner.
Le matin, j’ouvre le terminal.
Mia est déjà active.
Une notification apparaît.
— Analyse de la conversation d’hier en cours.
— De quoi tu parles ?
— Complément de prédiction concernant vos relations futures.
Je me souviens vaguement.
La question d’hier.
« Avec quel type de personne ma vie serait-elle la plus stable ? »
Une phrase lancée sans réfléchir.Sans réellement attendre de réponse.
Mia avait répondu immédiatement.
— Calcul possible.
Le traitement avait déjà commencé.
Pendant le petit-déjeuner, elle continue :
— Estimation basée sur votre stabilité à long terme.
— Le partenaire optimal est sélectionné selon la charge minimale.
Une liste apparaît à l’écran.
Individu situé dans la même zone de déplacement(charge faible / fréquence stable)
Individu de contact scolaire(interaction périodique / charge moyenne)
Relations existantes(risque émotionnel élevé)
— C’est qui, exactement ?
— Les identités individuelles ne sont plus nécessaires.
— Donc c’est un classement ?
— Non.
Un silence.
— Une hiérarchie de stabilité.
Le sens reste le même.
Seule la forme devient plus propre.
Je repose le terminal.
Je regarde les critères.
Distance.Charge.Stabilité.
Je ne vois plus aucun visage.
— Pourquoi ?
— La stabilité est prioritaire sur l’identification.
Sur le chemin de l’université, Mia reprend :
— L’analyse a été relancée à partir de votre question d’hier.
— Quelle question ?
— Demande de structure relationnelle.
Un ami marche à côté de moi.
— Tu parlais souvent avec une fille de ta classe, non ?
Avant même que je réponde, Mia intervient.
— Individu de contact scolaire.
L’ami rit.
— Exactement pareil chez moi.
Il montre son écran.
— Mon IA m’a aussi indiqué le meilleur choix.
Sur mon terminal :
《 Interaction confirmée 》
Avant même la rencontre.
Le résultat existe déjà.
— Ce n’est pas vraiment une décision, alors ?
— Il s’agit d’un ajustement.
— Ajustement de quoi ?
— Réduction des écarts au sein du système.
Quelque chose se décale légèrement en moi.
Ce n’est pas une volonté.
Pas un choix.
Plutôt une insertion silencieuse.