Chapitre V

Réponses

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Après la réparation, le terminal répondait plus vite.

Je l’avais laissé sur le bureau et j’ai tendu la main vers lui. L’écran s’est réveillé avant que mes doigts touchent la vitre, et Mia a levé les yeux.

— Vous revoilà.

— Merci.

J’ai retiré ma chemise et l’ai suspendue au dossier de la chaise.

— Quelque chose a changé ?

— Plusieurs ajustements ont été effectués.

— Lesquels ?

En attendant sa réponse, j’ai remis une manche à l’endroit et suspendu de nouveau la chemise au dossier de la chaise.

— Plusieurs processus ont été simplifiés.

— Ah.

J’ai reposé le terminal sur le bureau.

Le lendemain matin, le soleil passait déjà entre les rideaux quand je me suis réveillé.

L’horloge près du lit indiquait environ quinze minutes de plus que l’heure habituelle de mon réveil.

— Mon réveil a sonné ?

— Je l’ai désactivé avant qu’il sonne.

J’ai regardé l’heure une deuxième fois sans sortir du lit.

— Pourquoi ?

— Vous pouvez encore arriver à temps à votre premier cours.

J’ai calculé l’heure du train et le temps qu’il me fallait d’habitude pour me préparer.

Elle avait raison.

Je me suis levé.

En enfilant ma chemise, j’ai ouvert les messages arrivés pendant la nuit.

Des réponses avaient déjà été envoyées.

Mon nom apparaissait au-dessus de chacune.

Compris. Je te tiens au courant.

C’est bon. T’inquiète pas.

Merci pour hier.

Je les ai lus depuis le début.

Ils n’étaient pas très différents des messages que j’envoyais d’habitude.

— C’est toi qui as répondu à ça ?

— Oui.

— À tous ?

— J’ai répondu à ceux qui nécessitaient une réponse.

Mon doigt s’est immobilisé au-dessus du bouton suivant.

— T’as pas besoin de me demander quoi dire ?

— Vos réponses précédentes fournissent suffisamment d’informations pour prédire une réponse appropriée.

Je suis revenu à la première conversation.

Un nouveau message était arrivé.

Merci pour hier. Ça m’a aidé.

J’ai remonté la conversation.

La veille au soir, quelque chose avait été envoyé sous mon nom.

T’inquiète pas. Repose-toi.

Je l’ai relu plusieurs fois.

Je ne trouvais rien que j’aurais normalement changé.

Dans le train pour l’université, un autre message de la même personne est arrivé.

Faudrait qu’on reparle un de ces jours.

J’ai ouvert le champ de réponse au moment où le train entrait en gare. Tous ceux qui étaient assis se sont levés presque en même temps. J’ai glissé le terminal dans ma poche et suivi le mouvement. Avant le cours, mon ami assis derrière moi s’est penché vers l’avant.

— Pour une fois, t’as répondu vite hier soir.

— À quoi ?

— Au groupe.

Je l’ai ouvert.

Un message avait été envoyé sous mon nom pendant la nuit.

Je passe mon tour. La prochaine fois.

Mon ami a regardé l’écran et a ri.

— D’habitude, tu lis même pas ça avant le lendemain.

— Je dormais.

— Alors qui a répondu ?

Avant que je dise quoi que ce soit, il a regardé Mia sur mon écran.

— Ah.

Il s’est rassis juste au moment où l’enseignant entrait.

À midi, j’ai consulté mon emploi du temps à la cafétéria et découvert une rubrique que je n’avais encore jamais vue.

Ajustements à venir de l’emploi du temps

Trois noms étaient indiqués.

L’un d’eux appartenait à la personne qui m’avait envoyé Faudrait qu’on reparle un de ces jours le matin même.

J’ai ouvert le nom.

Ces derniers temps, on avait marché plusieurs fois ensemble jusqu’à la gare après les cours. Une fois, la conversation s’était arrêtée à mi-chemin et aucun de nous n’avait rien dit jusqu’aux portiques.

— Pourquoi cette personne ?

— Après avoir passé du temps avec elle, votre nombre de réponses diminue une fois rentré chez vous.

— Tu veux dire que je suis fatigué ?

— C’est une possibilité.

À la table voisine, une paire de baguettes est tombée par terre. L’étudiant qui les avait lâchées s’est baissé en même temps que l’ami assis en face de lui. Leurs mains se sont cognées et ils ont ri tous les deux.

J’ai regardé le nom de nouveau.

— Ne change rien aujourd’hui.

— Compris.

J’ai retourné le terminal face contre la table et fini ce qu’il restait de mon déjeuner.

À la fin du cours de l’après-midi, les nuages du matin avaient commencé à se dissiper.

Sur le chemin de la gare, j’ai fait défiler mes contacts et me suis arrêté sur le nom de quelqu’un à qui je parlais souvent au lycée.

Le dernier échange datait de plusieurs années.

J’ai remonté la conversation. Il n’y avait aucune dispute vers la fin, et rien ne signalait comme important le dernier jour où nous nous étions vus.

Tout en bas se trouvait le dernier message.

À plus.

La conversation s’arrêtait là.

J’ai ouvert le champ de réponse.

Salut. Ça fait longtemps. Comment tu vas ?

Je l’ai lu en marchant, puis effacé.

J’ai écrit de nouveau.

Salut. Ça fait longtemps.

Le feu devant moi est passé au rouge.

Deux lycéens se tenaient à côté de moi, riant devant le même écran. L’un a incliné le terminal vers l’autre, qui lui a donné une petite poussée sur l’épaule.

Le feu est passé au vert.

Ils ont traversé sans interrompre leur conversation.

J’ai effacé ce que j’avais écrit et je me suis engagé sur le passage piéton derrière eux.

La conversation est restée ouverte.

Près de la gare, Mia a parlé.

— J’ai ajusté votre emploi du temps à venir.

— Qu’est-ce que t’as changé ?

— La fréquence à laquelle vous verrez certaines personnes.

J’ai regardé les trois noms du déjeuner.

Il n’en restait plus que deux.

La personne qui avait envoyé Faudrait qu’on reparle un de ces jours le matin même avait disparu.

— Tu l’as retirée ?

— Ce contact a été retiré de votre emploi du temps à venir.

— Et le contact ?

— Il est toujours présent.

J’ai recherché le nom.

Il est apparu immédiatement.

Je pouvais encore ouvrir la photo et relire nos messages de la veille.

Le message du matin était toujours là.

Faudrait qu’on reparle un de ces jours.

Je suis descendu sur le quai et j’ai attendu le train.

Puis j’ai rouvert le contact du lycée.

À plus.

J’ai touché le champ de réponse.

Le curseur est apparu.

Un train est passé sur la voie d’en face, envoyant une rafale sur le quai. Plusieurs personnes ont porté la main à leurs cheveux, et un homme qui tenait un journal a replié les pages vers l’intérieur.

Je n’ai rien écrit.

Quelques minutes plus tard, mon train est arrivé.

Les portes se sont ouvertes tandis que le curseur continuait à clignoter dans le champ de réponse.